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"Cocktail Molotov"





Avec le personnage de Slo du "Silence des morts" qui a eu le prix du roman noir de Cognac

 La tranquille petite ville de Dalet vient de connaître une nuit de folie : des casseurs, ont saccagé plusieurs magasins au son d'une chanson de Johnny Hallyday, et des cocktails molotov ont été lancés sur cinq maisons. L'une des victimes, Zineb Djouadria, se sent particulièrement menacée car son frère mouloud avait déjà subi une agression similaire. Quelques jours après le drame, mouloud était parti « travailler en Turquie ». Zineb est convaincue qu'il a pris la fuite et supplie son amie Yasmina et l'ancien commandant de police Christian Milius de la protéger.

Plus Yasmina et Milius tentent de faire parler les habitants de Dalet, plus ils sont convaincus que le football local est au cœur de l'affaire. Le petit club de CFA avait atteint les demi-finales de la coupe de France. Mouloud avait été l'artisan de la victoire. Pour renoncer ensuite au football sans explication. Quel rôle joue le président du club, qui est aussi le principal employeur de la région ? Pourquoi la construction du futur stade a-t-elle été interrompue ? Quel est le lourd secret qui pèse sur la ville de Dalet ?

Après le silence des morts, Christian Milius, dit « Slo », revient promener sa silhouette « simenonienne » et son vague à l'âme parmi les drames et les secrets de la province française.

Jean-Paul Nozière dépeint avec un mélange de férocité iconoclaste et de vraie compassion ces lieux d'où la  vie et l'espoir se retirent peu à peu devant le chômage, la pollution industrielle et l'oubli des politiques.

Éditions Rivages/Noir - août 2009
www.payot-rivages.net

Quelques critiques...




 Dalet, la dernière usine commence à délocaliser, les commerces se vident, et dans le presbytère se déroulent de peu orthodoxes confessions privées. Une seule lueur d'espoir : gagner le prochain match de la Coupe de France de foot. Et visiblement, les habitants auraient préféré ne pas recevoir la visite de deux pseudo¬journalistes enquêtant sur un fait divers récent : une nuit, des vitrines ont été brisées et des cocktails Molotov lancés contre des maisons. Du jamais vu à Dalet. Slo, commissaire de police retraité et empêtré dans ses sentiments, et Yasmina, la belle désespérée qui l'a appelé à l'aide, cherchent à comprendre quand les victimes voudraient oublier. Mais un étrange personnage, un jeune Tsigane albinos qui parle aux morts, n'a rien oublié, lui. Le suspense tient jusqu'à la dernière page, même si le dénouement, après tout, n'est pas l'essentiel, ici. L'auteur a déjà donné au lecteur toutes les cartes pour comprendre ce secret que les habitants de Dalet tiennent tant à garder. Surtout, Jean-Paul Nozière fait vivre avec talent une galerie de personnages traînant leurs doutes et leurs angoisses dans l'atmosphère si particulière d'une petite ville de province qui se meurt à petit feu.

Béatrice Pellan, Le Télégramme, 22 novembre 2009


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 Dalet est une petite ville, en principe, tranquille. Il y a quelques années, l'équipe de foot-ball a pourtant défrayé la chronique en allant en demi-finale de la coupe de France. De quoi relancer l'économie locale et l'entreprise dont le directeur est aussi le président du club. Le miracle est en train de de se reproduire pour l'équipe. Mais, quelques jours avant le match, des vandales lancent des coctail molotov sur cinq maisons de Dalet. L'une des victimes : Zineb Djouadria, se sent particulièrement menacée car son frère, Mouloud, l'un des meilleurs joueurs de l'équipe a déjà été victime d'agression du même type. Elle fait appel à son amie, Yasmina et à l'ancien, commandant de police, Milius pour enquêter.
 Les deux enquêteurs vont se trouver confrontés au mutisme de la population. Ils sentent bien cependant que ces agressions ne sont pas gratuites et ont un rapport avec le foot, la construction d'un nouveau stade, des nomades..

 Jean Paul Nozière sait bien faire ressortir ce que l'on a "caché sous le tapis" dans ces petites villes sans histoire....
 Ses deux enquêteurs, aussi différents l'un que l'autre sont très attachants, comme l'était Slimane, le frère de Yasmina.
 Certains passages qui nous font découvrir le curé du village, un personnage haut en couleur sont très drôles quand tout autour d'eux respire la peur et l'angoisse fasse à un monde qui change trop vite.

La mer pour horizon


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Coup de tête à Dalet

 Dalet est une petite ville qui survit grâce à une usine de fabrique de chaussettes et une équipe de foot de milieu de tableau de CFA adepte des exploits en Coupe de France. D'ailleurs, il y a trois ans, l'équipe était en demi-finale. La municipalité donnait un terrain au Club. Le Club allait avoir son nouveau stade par le biais de son sponsor : l'usine de chaussettes.

 Aujourd'hui, la vérité est autre. L'équipe est à nouveau en demi-finale mais le terrain donné était un ancien terrain militaire doublement miné car en plus d'exposifs, deux familles tsiganes y avaient élu domicile. Elles entreposaient de l'essence dans une baraque qui a sauté le soir d'un mariage, qui n'était autre que ce soir de Coupe et de demi-finale perdue. Aujourd'hui, un étrange individu se trimballe en voiture et lance des cocktails molotov en choisissant bien ses cibles et sa musique. Il arrive au son de Johnny et son Allumer le feu pour repartir sur un air de Goran Bregovic issu d'un album intitulé Tales and songs from weddings and funerals. Des joueurs talentueux d'il y a trois ans, il n'en reste plus dans l'équipe actuelle. Mais il ne sont pas partie sous de meilleurs cieux footballistico-financiers, non, ils sont en Turquie où l'usine expatrie (presque) à tout va. Parmi eux, Mouloud Djouadria. De fil en aiguille et de relation en relation c'est un étrange duo (un flic bourru à la retraite et une jeune beurette toute mimi) qui partent enquêter à Dalet.

 La trame fait obligatoirement penser (du moins ceux qui l'ont vu y penseront forcément) au film Coup de tête de Jean-Jacques Annaud avec un Patrick Dewaere époustouflant. D'ailleurs, l'on a cette musique de Pierre Bachelet qui vient également s'intercaler entre Johnny et Bregovic, et son "Trincamp, Trincamp" hurlé aux oreilles. Une équipe qui va loin en Coupe de France. Une usine qui fait la pluie et le beau temps dans la ville. Des footballeurs embauchés. Un scandale sous-jacent. Beaucoup de points communs donc. Excepté Dewaere absent du roman. Remplacé par un homme hanté par sa famille avec laquelle il discute d'outretombe en planifiant sa vengeance. Et puis, n'est pas Nozière qui veut. Sponge, sa ville de prédilection n'est pas loin. Ni ses habitants loufoques. Alors il y a ce couple surprenant entre un homme d'église et sa servante. L'on se demande qui est le fou de l'autre. Ils passent leur temps nu à se confesser ou à écouter la confession de l'autre. Des histoires de viols qui n'en sont pas. La folie capharnaümesque qui débute un soir de match. Un joyeux méli-mélo noir d'où transpire un lourd secret. Les éléments s'enchainent les uns aux autres allant crescendo, et le feu d'artifice final surgit de toute part. Effet réussi, Monsieur Nozière. À se demander si les névroses familiales, municipales, ne sont pas votre dada !

Julien Védrenne, 4 octobre 2009, k-libre


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 Un mystérieux cocktail provincial Dalet est une de ces villes tranquilles de province où, l'emploi se faisant rare, le club de foot local, propriété du patron de l'unique usine, permet à la fois de mobiliser les énergies et de drainer d'importantes ressources financières. Sur ce terreau quelque peu explosif, Jean-Paul Nozière a bâti une fiction fort bien tournée, qui voit un commandant de police à la retraite et une jolie Beurette enquêter sur de mystérieux jets de cocktail Molotov, avec pour simples indices une chanson de Johnny Hallyday et un morceau de Goran Bregovic, le compositeur des films d'Emir Kusturica.

Y. P., Le Monde Magazine, 10 octobre 2009.


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Jean-Paul Nozière allume le feu.

 Il y a des auteurs à côté desquels on passe complètement. Par étourderie, par manque de curiosité au mauvais moment, par manque d’occasion … Pour tout un tas de bonnes ou de mauvaises raisons. C’est comme ça que, jusqu’à présent, j’étais passé à côté de Jean-Paul Nozière. Puis comme il a eu la bonne idée de me signaler la sortie de Cocktail Molotov, je l’ai extrait de la pile à lire … J’ai bien fait. Qu’il en soit remercié.

Dalet est une petite ville de province qui crève à petit feu. La seule entreprise de la ville délocalise à tour de bras, les commerces ferment, et à partir de 20h00 tous les volets sont fermés, plus personne ne traîne dans les rues. Sauf il y a trois ans, quand le club de foot amateur est arrivé miraculeusement en demi-finale de la coupe de France. Et cette année, le miracle se reproduit ! De nouveau, tout Dalet ne pense que foot, ne rêve que foot. Tout, pas exactement. Quelques jours avant Le match, un sauvage a brisé des vitrines et lancé des cocktails Molotov contre des maisons. Tout le monde veut croire à la descente bête et méchante de quelques sauvageons d’une banlieue voisine. Sauf une des victime qui a peur et appelle à l’aide la sœur d’un ancien amant. Et c’est comme ça que la superbe Yasmina, et Christian Milius, ancien flic à la retraite vont débarquer à Dalet, et faire remonter à la surface une vilaine affaire.

Voilà un polar qui a tout pour plaire.

Une bonne intrigue, qui maîtrise parfaitement les point de vue en passant d’un personnage à l’autre et sait faire remonter au bon moment les bribes du passé qui expliquent le présent.

De très beaux personnages que l’auteur saisit au bord de la rupture et de la folie. Des personnages victimes ou bourreaux, victimes et bourreaux, complètement conditionnés par des passés douloureux et traumatisants. Dans cette galerie, se détachent, outre les deux enquêteurs, un curé pas très catholique (un comble !) et sa bonne de choc que vous n’êtes pas près d’oublier.

De l’émotion, du suspense, des pointes d’humour toujours bienvenues, et en toile le fond la peinture très juste de cette petite ville qui meurt, s’étouffe et qui ne vit plus que pour son équipe de foot. Avec ce que cela suppose d’enthousiasme et de joie dans un environnement qui en manque singulièrement, mais aussi avec tous les réflexes les plus primaires et les plus nauséabonds qui remontent très vite quand on joue sur le chauvinisme d’une foule.

Tout pour plaire vraiment, ne faites pas comme moi, ne passez pas à côté de Jean-Paul Nozière, lisez Cocktail Molotov.

Jean-Paul Nozière / Cocktail Molotov, Rivages/Noir (2009). Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Polars français

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