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Au village, ils n'ont pas aimé voir débarquer Vassile, un étranger à la dégaine improbable, qui a hérité la maison de sa mère, Liliana. Vassile ne cesse de poser des questions pour comprendre...
Comprendre celle qui l'a abandonné dix ans plus auparavant et qui lui lègue une baraque branlante au milieu des vignes d'un gros propriétaire.
Affrontant la haine des villageois, retrouvant le journal intime de sa mère, Vassile va remonter le temps...
Les deux histoires se mêlent : celle d'un fils qui garde le souvenir trop flou d'une mère bien-aimée. Celle d'une femme moldave, traquée, qui a dû se sacrifier pour protéger son fils.
Éditions Thierry Magnier - septembre 2007
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Quelques critiques...
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À dix-huit ans, Vassile débarque à Blot, petit village viticole, et s'installe dans la masure que lui a léguée sa mère, morte en Moldavie. Suicide ou exécution ? Cet étranger aux allures de zonard, fils de la belle Liliana au passé trouble, indispose les villageois. Vassile garde peu de souvenirs de cette mère qui l'a abandonné à l'âge de huit ans. La lecture de son journal intime lui apportera-t-elle les réponses qu'il attend ?
Ce roman construit par retours en arrière dévoile parallèlement les vies de la mère et du fils dans un monde raciste et cruel envers les étrangers et les marginaux. Sur un ton très juste, le journal-confession de cette femme prostituée ménage le suspense jusqu'à la dernière ligne, alternant de belles pages sur l'amour maternel et des trahisons ou des compromissions de personnages ambigus. Avec sensibilité et réalisme, l'auteur ressuscite le passé et brosse l'atmosphère inquiétante de violence sous-jacente du village (rumeurs, dénonciation, reconduite aux frontières...). Un roman noir vigoureux, dont on ne sort pas indifférent malgré le happy-end.
Notes Bibliographiques (décembre 2007)
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Vassile avait 8 ans quand sa mère l'a abandonné et il était sans nouvelles d'elle depuis. A 18 ans, il apprend sa mort. Elle lui laisse en héritage une maison dans laquelle elle a caché un petit cahier à son intention. Vassale découvre alors son histoire : Moldave, à la merci de la mafia, envoyée en Fronce, prostituée, elle a eu son fils à 16 ans et a tout fait pour le protéger, jusqu'à l'abandonner. le jeune homme peut ainsi reconstituer sa propre histoire et trouver ses racines, il se découvre même une famille... Poignant.
La revue des livres pour enfants. Sélection 2007 (novembre 2007)
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Aucune sensiblerie mais une émotion--dense qui nous étreint tout au long du récit. Vassile, 18 ans, revient dans un village français où sa mère a vécu. Sa mère qui l'avait abandonné quand il était petit. Qui est cette femme, Liliana, qu'il n'a pas appris a connaître longtemps ? Dans une misérable cabane qu'il a héritée de la défunte, il retrouve un cahier ... elle lui a écrit avant de disparaître. Un destin bouleversant, le parcours difficile d'une jeune Moldave vendue à des illégalement ... Vassile découvre celle qui est restée pour lui une inconnue, mais aussi dans ce village hostile aux étrangers, toute la haine et la lâcheté des habitants. Pourquoi rester ? Pourquoi partir ? Il choisira. Roman basé sur la réalité, celle qui doit amener l'Union Européenne à revoir les statuts des sans-papiers. Une histoire qui nous interpelle. À partir de 14 ans. (A.D.)
Libbylit N°78 (novembre 2007)
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Vassile avait à peine 8 ans lorsque sa mère Liliana l'abandonnait en prévenant la Ddass. Elle se savait condamnée par ce proxénète moldave qui l'avait achetée à 16 ans pour la prostituer en France et craignait pour la vie de son fils. Dix années ont passé. Vassile ne conserve d'elle que l'image floue d'une mère affectueuse. Il vient d'arriver dans la petite maison au milieu des vignes qu'elle lui a laissée en héritage. Il y retrouve son journal intime. Aimée d'un riche propriétaire pas assez courageux pour l'épouser, Liliana a vécu ces dix années presque heureuse, pourtant elle a fui de nouveau pour la Moldavie. Pourquoi est elle' partie alors qu'elle avait une maison ? L'étrangère n'était pas aimée, tout comme on n'aime pas son fils, ce jeune hippie venu avec son chien. Il va repartir mais il veut comprendre pourquoi on a saccagé sa maison avec tant de haine. Qui va oser lui dire la vérité dans le village ?
Un beau roman qui décrit fort bien la situation désespérée de ces jeunes prostituées, le racisme envers les étrangers, la solitude des êtres, mais qui s'achève sur une note d'espoir : un jour le jeune homme reviendra.
Sélection Arple N°34 (novembre 2007)
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«Avant-dernière chronique de l'été. Je n'ai plus d'idées. Marie me dit "mais finis ton livre d'abord, après tu écriras !".
Marie lit dix fois plus vite que moi, aussi. On a emmené toutes les deux, le même soir, Nous sommes tous tellement désolés, et Marie l'a déjà ramené. Pas moi. Il y a peut-être un seuil de souffrance qui fait que je ne peux pas lire autant de pages si difficiles d'un coup. C'est un livre magnifique, dans lequel une mère parle à son fils. Et ça me fait mal.
Je lisais les livres de Nozière quand j'étais ado. Je les conseille aujourd'hui. Avec émotion. Je vais redire une chose que j'ai dit mille fois. Qu'il y a des ponts entre les gens, et que les livres font ça. Relier, parfois toute une vie durant.»
Madeline Roth (30 août 2007) L'eau vive
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«Vassile, jeune homme vivant comme un marginal avec son chien, hérite de la maison de sa mère Liliana, en pleine province française vinicole. « L'étrangère » était peu aimée, accusée de vénalité à cause de sa relation avec le fils du plus gros propriétaire. Sans papiers, Liliana avait fini par repartir en Moldavie, et apparemment s'y suicider. Mais la haine des villageois est-elle bien à l'origine d'un tel enchaînement des événements ? D'abord peu intéressé par cette mère dont il ne se rappelle pas, Vassile se prend à l'enquête.
Roman-enquête, Nous sommes tous tellement désolés ne lance pas le jeune héros uniquement à la recherche d'éléments matériels et de faits objectifs. En remontant le passé douloureux de sa mère – vendue comme prostituée très jeune, elle n'a jamais pu vraiment s'échapper du joug de ses proxénètes -, Vassile part à la recherche de lui-même. Le cheminement tortueux de ses sentiments ambivalents envers celle qu'il appelle déjà difficilement Liliana est finement traduit par une construction très complexe du roman. Le livre fonctionne en effet sur un long retour en arrière. Nous sommes à l'instant du départ de Vassile du village, le jeune homme se souvient des semaines qu'il y a passés. En suivant alors ses évolutions depuis son arrivée, on découvre – deuxième retour en arrière, plus profond et lointain - le passé de sa mère, via ses propres souvenirs de petit garçon, les témoignages des villageois et le journal intime de Liliana, découvert dans la maison. Sans cesse, le narrateur externe joue des temps et des mémoires flottantes pour reconstituer par bribes, dans le désordre, les pièces du puzzle que représente 14 vie de la trop jolie Moldave. Plus il avance dans ses découvertes, plus Vassile grandit, jusqu'à une fin qui boucle les premières lignes, inattendue mais pleine d'espoir. Jean-Paul Nozière a réussi totalement les deux tableaux de son roman : nous faire ressentir pas à pas l'intime d'un héros en quête inconsciente d'une filiation, et nous alerter, dans un côté documentaire brutal, sur la réalité sordide du commerce de la prostitution en Europe. Et puis, à-côté peu glorieux, il y a la vie provinciale française, soudée autour de ses préjugés racistes, à peine caricaturée. A lire et à relire.»
Sophie Pilaire (octobre 2007) ricochet-jeunes.org
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«Quand Vassile, vagabond sans attaches, abandonné huit ans plus tôt par sa mère Liliana, apprend que celle-ci est morte et lui a légué une maison dans un village de vignerons, il se rend sur les lieux, plus par hasard que par intérêt – c’est du moins ce qu’il croit… L’accueil n’a rien de cordial et le maire du village, malgré son amabilité et sa fausse compassion (« Nous sommes tous tellement désolés… » – une « phrase rituelle » que Vassile entendra maintes fois, prononcée de diverses façons) lui fait comprendre qu’il ne devrait pas traîner dans les environs. « Remuer le passé n’est jamais une bonne idée, surtout quand on ne sait à peu près rien des acteurs qui jouent l’histoire… » conseille-t-il au jeune homme. Vassile a en effet conscience d’entrer « dans une histoire » qui n’est « pas la sienne », qu’il ne sait presque rien de cette femme que sa famille d’accueil n’a pourtant jamais pu remplacer, et ses souvenirs restent incertains, des bribes qui ne referont surface que peu à peu. Mais lorsqu’il s’aperçoit que la mort de Liliana dissimule des secrets bien gardés, le jeune homme commence à s’interroger sur ce qui a pu inciter sa mère à repartir pour la Moldavie, son pays d’origine, quelque temps avant sa mort ; il remonte la piste du passé, va trouver le châtelain du pays, celui qui avait embauché sa mère sur son domaine avant d’en faire sa maîtresse et de lui offrir la maison que Vassile possède désormais. Il trouve un homme effondré, qui se débat avec sa conscience, paralysé par un drame dont il est en partie responsable.
En contrepoint, on découvre l’histoire de Liliana (que nous tairons ici afin de laisser le lecteur la découvrir par lui-même), qu’elle a patiemment écrite dans l’espoir que son fils puisse un jour la lire (à condition qu’il retrouve le cahier de sa mère…) – un parcours chaotique et cependant presque banal, une vie brisée très tôt, des actes motivés par une peur de chaque instant et d’intolérables pressions, dans un univers qui semble bien loin de nos existences confortables et pourtant si proche. Une confession poignante qu’on n’est pas près d’oublier, non plus que l’atmosphère oppressante du petit village, habilement évoquée par petites touches, à l’image de l’hostilité des habitants, très vraisemblable, des frustrations de deux jeunes filles que la présence de « l’étranger » fascine, et des petites lâchetés des uns et des autres – celles qui, en s’accumulant, provoquent des tragédies.
Retrouvailles manquées entre un fils et sa mère ? En partie seulement, car le dénouement de ce roman qu’on ne peut lâcher une fois entamé est teinté d’espoir et laisse deviner que la quête que Vassile décide d’entreprendre, même si son issue reste incertaine, lui offrira quelques moments d’un bonheur mérité.»
Blandine Longre (octobre 2007) sitartmag.com
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L'enfer c'est les autres. Le regard d'un enfant Le sentiment de l'injustice peut sans doute briser un enfant et donner une vraie violence à l'adulte qu'il devient. Deux romanciers bien différents l'analysent chacun à leur manière, Knud Romer et Jean-Paul Nozière.
L'un est danois. Né d'une mère allemande dans les années 60, juste après une guerre ou les Danois refusèrent d'obtempérer à l'ordre nazi. L'autre est français. Né il y a une vingtaine d'années de mère moldave, traquée et renvoyée au pays par la France. Deux enfants comme les autres. Deux jeunes qui se heurtent à l'hostilité d'un village. Deux histoires en parallèle, qui parlent de racisme, de bêtise et de haine. Le danois Knud Romer raconte, dans un premier roman assez remarquable, sa propre enfance. où comment, moqué cruellement par tous ses camarades de classe, qui brocardaient également sa mère allemande et des habitudes de vie qu'ils n'avaient pas, il n'eut de cesse pendant des années de pleurer cette injustice. De l'enterrer au fond de lui-même et de rêver de toujours, en puisant sa force dans la vodka. Elle ne leur dira jamais à tous ces Danois qu'elle fut non pas nazie mais résistante bien plus qu'eux. Pas plus qu'elle ne l'a dit à la famille de son man qui l'a rejetée de la même façon parce qu'allemande. Jusqu'à mourir de tenir, jusqu'à mourir de dire non. Knud Romer raconte, "une époque teintée de rancoeur et de culpabilité", dit son éditeur. Il dit aussi et surtout la souffrance d'un enfant, et trace une série de portraits redoutablement méchants. Portrait miroir Quant au bourguignon Jean-Paul Nozière, dont Nous sommes tous tellement désolés est loin d'être le premier roman. ses écrits posent toujours le même problème : sa langue si simple, si limpide, presque quotidienne ne l'empêche nullement de traiter de sujets qui soulèvent de vrais problèmes de société, qu'il traite sous forme romancée avec un bon sens du rythme, du traitement de l'histoire. Alors, s'adresse-t-il seulement aux adolescents, ou aussi aux adultes ? C'est entre nos rangs de vigne (ou ceux du Bordelais ?) qu'il situe l'action de son dernier roman. Vassile a été moldave et réfugiée en France, sans qu'il comprenne pourquoi. Elle meurt brutalement et hérite à 18 ans d'une maison un peu en dehors du village, au milieu des vignes, ou il vient s'installer, lui l'urbain. le routard. le squatter. Et qu'il découvre bariolée de tags racistes insultant sa mère. Pourquoi, comment est-elle arrivée là, a-t-elle vécu dix années durant avant de repartir mourir en Moldavie 9 Un journal intime surgi du passé va lui revéler, et lui en dire davantage sur lui-même qu'il ne pouvait l'espérer. Ce qui lui permettra. aussi- d'affronter l'avenir qui s'offre a lui.
Jocelyne Rémy (27 septembre 2007) Le Bien Public
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