Pourquoi ce roman ?
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Cette question m’est souvent posée... Beaucoup de lecteurs adolescents, mais aussi adultes, pensent qu’un auteur aborde des sujets au hasard, en fonction de la mode, de l’intérêt supposé du lecteur, de la demande d’un éditeur, de l’attente des lecteurs adultes empressés de combler « un manque » sur un thème…que sais-je ?

   La réalité est autre... J’écris ce qui me pousse, pas ce qu’on attend. Tout livre naît d’un (ou de plusieurs ) « déclics » qui vont me pousser au travail dans mon bureau pendant six ou huit mois, donc contrarier la pente naturelle de mes occupations habituelles : le vélo, le cinéma, la lecture, le golf, les amis à rencontrer…

Voici pourquoi je raconterai maintenant en quelques lignes (même si le point de départ d’un livre ne s’explique pas en quelques lignes) l’origine du roman qui paraît. Je ne peux évidemment pas remonter trop en arrière (une soixantaine de titres !) et me contenterai de raconter les « pourquoi » des derniers titres parus.

Vous retrouverez ensuite ce récit lors de chaque parution :


Maman, j'ai peur -

Roméo sans Juliette -  Le fils des instituteurs - Mon Américain - Que deviennent les enfants quand la nuit tombe ?  -  Camp Paradis

Rien qu'un jour de plus dans la vie d'un pauvre fou - Mortelle mémoire - Demain, ça ira mieux - Un swing parfait - Tu peux pas rester là -

Un trésor d'embrouilles - L'île aux chiens -

Nous sommes tous tellement désolés -Le ville de Marseille - Echec et rap - Adieu mes jolies - Un été 58 La vie comme Elva
-
Là où dort le chien - Si tu savais Tobby - La chanson de Hannah

 



Maman, j'ai peur (Thierry Magnier)





Je me suis inspiré d'un fait divers bien réel, relaté dans la presse. Fin 2010, un vaste réseau a été démantelé : dix-neuf personnes ont été arrêtées dans le sud de la Franceet en Italie. Ce gang obligeait des dizaines de jeunes filles minures à voler, à mendier et parfois à se prostituer. Elles y étaientcontraintes par la force, des violences y compris des viols.
Quand elles étaient arrêtées, les jeunes filles tenaient toutes le même discours : je m'appelle Hamidovic, j'ai douze ans, je vis avec ma grand-ère dans une caravane.
Téréza, Anca, Grégoire n'esxiste pas vraiment mais...


Roméo sans Juliette
(Thierry Magnier)



C'est un roman inspiré par de nombreux faits réels. Tout celà parle de lui-même.



« Le fils des instituteurs » regroupe enfin deux textes prévus dès l’origine pour n’en faire qu’un…mais que les impératifs d’édition avaient scindé en deux parties : « Tu seras la risée du monde » et « Mais qu’est-ce qu’on va bien faire de toi ».

Il s’agit ici d’une autobiographie romancée, « truquée » disait Colette en parlant de « Sido ». Le récit de l’enfance du fils des instituteurs que j’étais il y a longtemps, remodelé par l’imagination du romancier que je suis aujourd’hui.


Mon Américain
(Editions Nathan)

Il s'agit d'un travail de commande. En général, je n'écris PAS de romans sur commande... et je n'écris des nouvelles QUE sur commande. Mais, pour les romans, il m'est arrivé deux ou trois fois, de répondre favorablement à la demande d'un éditeur ou d'un directeur de collection. C'est le cas pour "Mon Américain". Pour moi, participer à un travail de commande pour un roman revient à trouver une solution pour écrire ce que je veux, comme je veux, en correspondance avec mon travail d'avant et mon travail futur. Il est hors de question d'entrer dans un canevas préétabli et de me placer sur des rails qui ne sont pas les miens. Ce qu'acceptent les éditeurs qui me contactent. Et c'est un défi intéressant, pour un auteur, de transformer une commande en plaisir d'écriture pur.

extrait de l'interview publiée dans "La Gazette" N° 7 des éditions Thierry Magnier en février mars 2013
Bien souvent vos livres naissent de la lecture d’un fait divers, d’une phrase lue ou entendue quelque part et qui a retenu votre attention. Pouvez-vous raconter l’origine de « Que deviennent les enfants quand la nuit tombe ? »

Je lis un ou deux quotidiens chaque jour et découpe les articles quand ils me stupéfient. Je les enferme dans un dossier jusqu’à ce que je les jette... ou non. L’été 2011, je relis un article prélevé dans Libération, le 4  juillet 2001 ! Je reste sidéré.
L’article raconte comment trois cents enfants réunionnais ont été arrachés à leur île pour... repeupler la Creuse. Un paragraphe surtout me trouble. Une institutrice d’un village raconte :
« Un jour de 1966, le maire est arrivé dans ma classe. "Je vous amène des élèves de la Réunion". Je lui ai demandé pourquoi ils étaient là. Il m’a répondu qu’ils allaient vivre chez la veuve Canthe, qui n’avait plus personne pour l’aider. Je les vois encore ! Un gamin tout noir en parka bleu marine, tout petit, et, derrière, son copain, un peu plus grand. Les autres élèves les regardaient bouche bée.»
Un de ces enfants volés dit dans cet article :
«Des nègres, ils n’en avaient jamais vu en vrai. Les gosses du coin venaient nous toucher la peau, voir si ça déteignait.»
Après une telle lecture, me mettre au travail était facile.


Camp Paradis (Gallimard Jeunesse/Scripto)

En avril 2011, je lis dans le journal Libération un article qui conseille un spectacle de marionnettes intitulé Congo My Body. Les marionnettes, dit l'article, "sont les compagnes de Serge Amisi et de Yaoundé Mulamba, deux ex-enfants soldats du Congo, venus à l'art pour se reconstruire".
Sous cet article concernant Congo My Body, figurent quatre colonnes racontant un peu de la vie de Serge et Yaoundé, enfants soldats de 13 ans.
Serge est obligé de tuer son oncle, Yaoundé a 12 ans quand on le fouette à mort pour avoir refusé de violer une femme (à 12 ans je ne savais pas violer une femme, dit Yaoundé).
Congo My Body est mis en scène par un autre Congolais, Djodjo Kazadi. Les lecteurs ont retrouvé ces trois noms - Yaoundé, Serge, Djodjo - dans Camp Paradis.



Etrange début.
 Je lis un roman de l'auteur américain Tom Robbins, Comme la grenouille sur son nénuphar, et bute sur une phrase. Celle qui deviendra mon titre. J'ignore pourquoi, mais je lis et relis cette phrase, puis la note. Une fois écrite sur une de mes nombreuses fiches en bristol qui accompagnent l'écriture de chacun de mes romans, je décide que j'écrirai un livre dont le titre sera Rien qu'un jour de plus dans la vie d'un pauvre fou. Je n'ai évidemment pas la première idée du contenu de ce futur texte !
Le titre ne suffit pas à construire un roman... encore que... il est souvent le fil conducteur d'un inconscient qui travaille pour moi.
La lecture de faits divers, dans lesquels des adolescents " jouaient un rôle " m'a conduit à une interrogation :
Que devient, au fil de la vie, une culpabilité (vraie ou fausse ) ressentie à l'adolescence ?
Laisse-t-elle des traces ?
Lesquelles ?
Est-on un autre, après la tempête ?
La phrase de Tom Robbins et ces interrogations se sont télescopées, probablement un jour que j'étais sur mon vélo, pédalant sur une des routes qui sillonnent les belles forêts de chez moi. Je pouvais dès lors me mettre au travail.


  Mortelle mémoire  (Gallimard Jeunesse/Scripto)

Presque impossible de raconter le point de départ de ce roman…sans révéler la fin.
Celles et ceux qui le liront comprendront la maigreur du texte qui suit.
J’emprunte depuis des années, plusieurs fois par semaine, une route départementale qui longe une forêt sur un ou deux kilomètres. Des travaux ont été entrepris. La route doit être élargie, mise à quatre voies. Des machines ont rasé la forêt. Et dévoilé…

Voilà, c’est tout. Lisez « Mortelle mémoire ».


  Demain, ça ira mieux  (Thierry Magnier)

Il s’agit ici de huit nouvelles et non pas d’un roman.
Mikaël Ollivier, qui dirige la collection « Nouvelles » chez Thierry Magnier me demande d’écrire ces nouvelles, il y a déjà un bail ! Nous étions autour d’une table de restaurant, à Troyes. Je ne saurais assez le remercier ! En effet, jusque là, je n’avais écris que des nouvelles éparses, toujours sur commande, au rythme de…une à la fois (donc, pour des recueils collectifs). Je me croyais incapable d’en écrire plusieurs à la suite. Lâchement, j’avais donc dit « oui » à Mikaël, mais n’essayais même pas de commencer ! Mikaël Ollivier est un directeur de collection opiniâtre et attentif. Il me demande, au fil des mois, où j’en suis ? Si je suis toujours d’accord ? Et, je réponds « oui ». Et je ne fais rien! En définitive, après plusieurs messages de Mikaël et des mois sans tenir mes promesses, je me sens coupable, malhonnête, vaguement traître en amitié. Je décide enfin de me mettre au travail. Que j’en écrive une et on verra bien. Une, je ne risque rien. Il y a beaucoup moins de danger qu’à débuter l’écriture d’un roman qui m’embarque pour des mois. Je commence donc. Et j’ai écrit ces huit nouvelles les unes à la suite des autres, comme un travail de roman(donc de longue haleine), en prenant un plaisir incroyable à l’écriture de ces huit textes. Une jubilation pure. Chaque matin, en entrant dans mon bureau, je me sentais joyeux et certain de ne pas «manquer d’imagination », selon l’expression si usitée des lecteurs. Quel bonheur que cette période d’écriture. Il est vrai que mes personnages m’aidaient. Il m’est arrivé de rire tout seul, dans le silence de mon bureau, quand je me trouvais en tête à tête avec quelques uns de mes branquignols un peu déjantés et auxquels je m’attachais peu à peu. Ou d’être ému.

Merci Mikaël de m’avoir fait découvrir ce plaisir là.
Je recommencerai un jour à écrire plusieurs nouvelles de suite.


  Un swing parfait (Syros/Rat Noir)

La naissance d’un roman est souvent un phénomène étrange. La rencontre inconsciente d’images qui s’impriment en moi sans que je sache pourquoi celles-ci demeurent plutôt que d’autres.
« Un swing parfait » est d’abord né d’images vues à la télévision, il y a très longtemps. Un enfant très jeune (dix ans environ) s’escrimait sur un court de tennis. Son père, au bord du terrain, derrière le grillage de protection, lui criait des encouragements. De curieux encouragements. Il braillait : « Punis cette balle ! Rentre dedans ! Tu dois massacrer ton adversaire, pas jouer à la baballe avec lui ! »
Après l’entraînement, la caméra interrogeait les parents. Ils croyaient au destin de joueur professionnel de leur fils et faisaient tout pour qu’il se réalise. Coach particulier. Entretien avec un autre coatch par vidéo conférence. Salle de musculation à la maison. Le gamin écoutait ce destin que ses parents préparaient pour lui et le réalisateur de l’émission lui demandait : « Alors, le tennis, ça te plait ? ». Le garçon, le regard éteint, répondait « ouais » et son père commentait la réponse dénuée d’enthousiasme : « Bien sûr que ça lui plait, sinon il ne le ferait pas. Il sait les sacrifices que nous consentons pour lui. »
J’ai oublié ces images sans vraiment les oublier.
A une trentaine de km de chez moi existe une résidence entourée de hauts murs. Surveillance par caméras. Maisons de grand standing. On ne pénètre dans la propriété qu’en montrant pattes blanches. Bref, une de ces résidences protégées, à l’américaine. Une autre est en train de naître pas très loin.
Ces deux sortes d’images, sans rapport apparent, se sont juxtaposées dans ma tête, probablement un jour où je faisais une balade à vélo. Et le golf a remplacé le tennis, tout simplement parce que je joue au golf…mais je rassure les lecteurs, le joueur minable que je suis n’a pas écrit « Un swing parfait » pour leur apprendre à jouer au golf ou même leur donner des renseignements sur ce jeu !!
Le troisième déclic m’ayant poussé dans mon bureau est encore la lecture d’un article dans Libération. L’histoire incroyable mais bien réelle, celle-ci, de Frédéric Bourdin ! Je ne peux en dire davantage sans dévoiler une partie du récit, alors lisez « Un swing parfait ». (Je crois qu’un film est en cours de tournage, sur Frédéric Bourdin, preuve que je ne suis pas seul à avoir été impressionné par cette vie stupéfiante)


  Tu peux pas rester là  (Thierry Magnier)

J’ai terminé l’écriture de « Tu peux pas rester là » début décembre 2007. (A l’origine, mon titre était « Tu ne peux pas rester là, dit la police »).
Le 21 juillet 2008 (je recevrai le premier exemplaire de ce livre six jours plus tard), je découvre dans la presse et sur internet la photographie glaçante des corps de Violetta, 12 ans, et Cristina, 13 ans, allongés sur une plage italienne, sous une serviette de bain. Deux fillettes Roms, décédées à la suite d’une noyade. Sur la plage, des personnes continuent à bronzer, comme si rien ne s’était produit. Comme si la mort de deux filles Roms n’était rien.
Des journaux publient des articles horrifiés. Cette indifférence indigne. Un cardinal italien s’écrie : « N’aurions-nous plus aucun sentiment humain ? » Je découpe cette photo, la conserve sur mon bureau pendant plusieurs jours.
Des Roms. Des étrangers. Des sans-papiers. L’Italie de Berlusconi ? L’Italie où a commencé le recensement des Roms. Des enfants Roms.
Quatre jours plus tard, le 25 juillet 2008, je lis les commentaires du photographe Alessandro Garolfo, qui a pris les clichés, sur la plage. Il dit que les réactions indignées de la presse sont excessives. La presse exagère. Il corrige les excès des journalistes.
« Si, il y a eu des personnes qui ont réagi sur cette plage. Tout le monde n’a pas été indifférent, mais seulement une personne sur deux l’a été. Non, les personnes qui bronzaient n’étaient pas près des corps. Les photos ont été prises au téléobjectif, lequel contracte les distances. Elles étaient à au moins 10 mètres des corps de Violetta et Cristina. Non, les corps ne sont pas restés 3 heures sur la plage, avec des baigneurs autour. Une heure seulement. »
Une partie de la presse corrige aussitôt son indignation à la baisse, selon les informations du photographe.

Une personne sur deux a été indifférente.        10 mètres de distance.        1 heure.

Vous voyez bien que c’est moins dramatique. Remettons la réalité à sa place.
Cette indignation corrigée me glace et me terrifie autant que la photographie de la plage.
En définitive, en juillet 2008, j’ai compris, de façon plus définitive encore, pourquoi j’ai écrit « Tu peux pas rester là, dit la police » en…. 2007.
Ma reconnaissance et mes remerciements aux Editions Thierry Magnier qui m’ont lu, ont attendu moins d’une semaine pour me dire, avec chaleur, « on publie ». Ce n’était pas évident, dans le contexte actuel, car ainsi que le note l’écrivain Jean-Marie Laclavetine, dans un article paru dans Le Monde.fr le 1er août 2008, « On ne respire plus dans ce pays. La France pète de trouille et ça ne sent pas bon…Dans une Europe barricadée, la maison France a fermé portes et fenêtres. ….Ouvrez ! On étouffe, ici ! »


Un trésor d'embrouilles
  (Syros/Souris noire)

Encore un article comme point de départ de ce roman policier (et récit d'aventures, en même temps).
Je lis dans le journal Libération (mon quotidien depuis des années : publicité gratuite) du mercredi 5 janvier 2005 que trois amis trouvent en plongeant des pièces d'or romaines. Ceci se passe en 1985. Leur « chasse » au trésor se soldera par « la pêche » de 4000 pièces, d'une valeur colossale ! Avec, au final, pas mal d'ennuis.
J'ai conservé cet article jusqu'en mai 2007, soit plus de deux ans, le relisant régulièrement. Et, durant ces relectures, je me suis mis à imaginer ... de l'or ... un trésor ... la fortune ... donc, du danger ... des embrouilles...
J'étais prêt à écrire. Mais, bien sûr, je ne suis pas journaliste et je n'allais pas écrire ce que le journaliste de Libération avait fait avant moi ! Mon roman croise l'histoire du trésor avec une autre découverte, plus dangereuse encore, mais dans les deux cas, au fond, il s'agira toujours d'argent vite gagné. Mais qui dit « argent louche » dit aussi crapulerie, et parfois, meurtres. Pourtant, un polar n'est pas seulement le récit de ces meurtres. Mes assassins n'en sont pas moins des êtres humains. J'aime essayer de comprendre leur folie. Ce qui ne veut pas dire l'excuser, évidemment.
Alors, je vous propose de partir pour la Corse. Une petite crique. Du soleil. Les vacances. Mais attention, la belle carte postale a son revers...

 
L'île aux chiens  (Gallimard/Hors-piste)

Comme souvent, un point de départ issu d’une lecture. Je lis dans la presse que des milliers d’enfants sont victimes d’enlèvements chaque année dans le monde, ce que je savais déjà, bien sûr. Mais je découvre que certains de ces enlèvements, non liés à la pédophilie, ont pour origine des motifs financiers, familiaux, religieux, etc… etc… Je découvre surtout que ces disparitions ont des « mobiles » ahurissants.
Tout ceci mijote. Comme toujours. Je pense à tout ça. Essaie d’imaginer comment de tels événements peuvent arriver et pourquoi. Et comme la raison n’apporte pas de réponses et ne pourra jamais en apporter, l’imaginaire prend le relais et établit des scénarios.
Mais je ne voulais pas m’emparer de ces « informations » pour construire un roman réaliste, à thème (!). Je voulais très exactement faire l’inverse. Partir d’une réalité pour écrire un roman de pure aventure, qui se passerait dans une région imaginaire (et le décor d’une île se prête très classiquement à l’aventure exotique !). Donc, une île au milieu de milliers d’autres, les tropiques, la mer et ses dangers, avec ses bateaux louches, et une énigme réunissant les personnages bouclés dans ce décor.
C’était sans compter sur mes fantômes. Cette quête perpétuelle de la mémoire, que j’écris de livre en livre, mémoire sans laquelle on ne peut vivre libre, que ce soit une liberté physique ou mentale. Myrième, Songo, Gaja et Taruma sont certes embarqués dans une aventure exotique, avec ses menaces et ses dangers, mais ils vivent aussi une aventure intime en renouant avec leur passé.
On retrouvera ici la puissance du sentiment amoureux qui unit les membres d’une famille. Cet amour si nécessaire et si fort existe aussi dans « Nous sommes tous tellement désolés » et dans « Là où dort le chien » (l’amour maternel et filial). Dans « L’île aux chiens », il s’agit surtout d’amour fraternel.
Les lecteurs qui auront un peu d’imagination, s’apercevront vite que mes îles ne sont pas si imaginaires que ça et réussiront vite à les replacer sur une carte du monde, même si, évidemment, la fiction transforme la réalité.


Nous sommes tous tellement désolés (Éditions Thierry Magnier)

Le point de départ de ce roman est un article paru dans Télérama, en mars 2005. Impossible d’en dire plus ici, sans dévoiler une partie de l’histoire, même si nous sommes dans une fiction et que tout, donc, est imaginé. Les lecteurs découvriront, à la fin du roman, ce que racontait Télérama. Une fois de plus, donc, l’actualité me souffle le désir d’écrire un texte. Une fois de plus, mon roman est ancré dans la réalité de notre monde d’aujourd’hui. Je ne suis pas prêt d’abandonner cette source d’inspiration là, surtout quand tant de romans pour adolescents se réfugient dans le fantastique, dans des mondes merveilleux peuplés de magiciens, d’êtres et d’événements mirobolants extra-terrestres. Ces mondes, les lecteurs adolescents les retrouvent ensuite dans les jeux vidéo. A la télévision. Ils en discutent entre eux. Les rêvent. Les vivent mentalement. Certains s’y enferment. S’y emprisonnent, parfois, au point d’être déconnectés de la vie réelle. J’ai de plus en plus envie de les attirer hors de ces mondes artificiels et de leur faire découvrir (aussi) le monde réel. Celui dans lequel ils vivent. Mais il n’y a pas que Télérama qui m’ait poussé à écrire ce roman. Je lis la presse. Tous ces avions qui décollent, renvoyant au delà de nos frontières ceux qui ont cherché à les franchir, parfois dans l’illégalité, me troublent. Certaines « reconduites à la frontière » se terminent en drame. Enfin, une fois de plus je voulais raconter l’amour maternel, si fort parfois qu’il délivre une lumière presque mystique. J’écris « une fois de plus » car ce thème existe déjà dans mon roman « Là où dort le chien » (sous une forme différente, puisque la lumière, dans ce cas, est délivrée par l’humour de Mady, la maman). En tout cas, j’aime beaucoup la citation d’André Schwarz-Bart qui ouvre mon roman (que j’ai eu l’occasion de rencontrer aux Antilles, avec son épouse Simone, sur l’ilet Brumant : un souvenir inoubliable que je conserve sous la forme de plusieurs photos où nous sommes rassemblés avec Robert Sabatier et quelques autres) : « Nos yeux reçoivent la lumière d’étoiles mortes ». Lisez et vous comprendrez la citation d’André Schwarz-Bart, extraite de son roman « Le Dernier des Justes ». Si je pouvais dédier mon livre à des étoiles mortes, je le dédierais aux deux Liliana : celle de la vraie vie et celle de mon roman.

  Le ville de Marseille  (Gallimard/Scripto)

Tout d’abord, regardez la magnifique couverture que proposent les éditions Gallimard ! Un port d’Algérie et un bateau qui s’apprête à partir. Le ville de Marseille était en effet un des bateaux qui ont ramené les pieds-noirs en France, en 1962. Ce roman est lié à un autre,  Un été algérien  qui existe aussi chez Gallimard (Folio junior). Ces deux livres sont enfin rassemblés ! Lorsque j’ai écrit Un été algérien, j’avais le projet de faire raconter les mêmes événements par Salim et Paul, chacun donnant « sa version ». Ma plume a choisi de commencer par Salim. Parvenu à la fin, j’ai décidé de « faire une pause ». Paul raconterait plus tard. Je devais « digérer » ce roman Un été algérien. Il avait consommé beaucoup de mon énergie et me laissait « à plat ». Il fallait que je recharge mes batteries avant d’entendre Paul. Mais…mais Un été algérien a eu tout de suite beaucoup de retentissement, beaucoup de prix et beaucoup de « succès », comme on dit ! Les mois passaient sans que je reprenne le travail. Et je me suis aperçu que je ne pouvais plus donner la parole à Paul…car j’étais certain que des critiques imbéciles annonceraient que j’exploitais le filon du succès de Un été algérien, ce que je n’aurais pas pu supporter, car ces romans liés à la guerre d’Algérie sont pour moi extrêmement précieux et importants. Le temps s’est donc écoulé et chaque fois que Claude Gutman, qui avait publié Un été algérien en 1990, me disait au téléphone « allez, écris puisque tu sais que tu le feras un jour, que c’est plus fort que toi ! Mets-toi au boulot en oubliant les critiques ! », je lui répondais « impossible, je refuse de lire que j’exploite un « filon ». Comment veux-tu que j’écrive en songeant à ça ? » Cette peur de lire de pareilles âneries me bloquait. Claude Gutman a alors eu une lumineuse idée. Quatre ans s’étaient écoulés, quatre ans durant lesquels il me répétait « au travail ! Écris ce que tu as dans les tripes ! C’est plus important pour toi qu’un article idiot mettant en cause tes motivations ! ». Claude Gutman m’a envoyé un contrat vierge. J’écrirais ce que je voulais, quand je le voudrais. Ni titre(enfin, si, un titre bidon, que j’ai oublié), ni date de remise, ni rien. Une signature et un chèque. Bien joué ! La poussée de la main du type qui vous expédie dans la piscine alors que vous crevez d’envie de plonger, que vous savez nager, mais la peur vous annonce que la noyade vous attend. J’avais signé un contrat. Ne rien écrire serait malhonnête. Je devenais un escroc ! Ma bonne éducation me serinait qu’on ne signe pas d’engagement et ne reçoit pas d’argent si on ne donne rien en contrepartie. Quelques jours plus tard, je commençais Le ville de Marseille. Évidemment, après toutes ces années, impossible de reprendre le même Paul, la même histoire : elle était derrière moi. Mais, dans ce roman qui raconte l’attachement des pieds-noirs à leur pays, le héros se nomme Paul et sa mère…Paula. Il s’agit évidemment d’un lien-clin d’œil avec le Paul de Un été algérien. Je conseille aux lecteurs de lire les deux titres, si possibles dans l’ordre : Un été algérien (nous sommes en 1958, avec Salim), puis Le ville de Marseille (nous sommes en 1962, avec Paul, Paula, Fatma, Tahar et d’autres…).

Échec et rap
(Nathan)

Tout roman a son histoire. Celle d’Échec et rap commence par un fait divers, découpé dans un journal, il y a plusieurs années. Mes romans policiers empruntent souvent aux faits divers et il faut que ceux-ci marinent longtemps dans mon cerveau avant qu’ils se retrouvent (transposés et malmenés !) dans un manuscrit. Le temps, probablement, que je m’habitue à l’énormité de ce que je viens de lire. Que je me dise « c’est impossible, ça ne peut pas arriver…mais c’est arrivé…mais si je l’écris dans un roman, une fiction, alors je retombe dans l’imaginaire…ouf ! »
Bref. Je lis donc dans ce journal comment un criminel a mijoté une vengeance durant un nombre incroyable d’années, puis un beau jour ( ?) sonne à la porte de sa victime. Une porte munie d’un œilleton. Je n’en écrirai pas davantage ici, mais c’est le point de départ de mon désir d’écrire Échec et rap. Dans le fait divers, l’assassin se trompe de cible !! Après tant d’années de haine accumulée, se tromper de cible, il y aurait de quoi mourir de rire, sauf que dans la vie réelle les assassins ne font mourir de rire personne et surtout pas leurs victimes.
Les lectrices et les lecteurs qui me sont fidèles retrouveront ici, comme d’habitude, quelques uns des sentiers que j’arpente depuis toujours. Le passé qui ressurgit et n’apportera la paix que lorsqu’il est assumé. L’amour qu’il soit passionnel ou ordinaire. La bêtise à front de taureau contre laquelle lutter est si difficile. L’absurdité de la violence….
Bonne partie d’échecs à tous. En écoutant peut-être du rap ?


   Adieu mes jolies  (Syros)

Adieu mes jolies est né en partie d’une lecture faite en 1996. Celle d’Histoire d’os, roman de Donald Westlake qui raconte comment une bande de branquignols (les inénarrables Dortmunder et cie !) se lance à la recherche d’une relique, le fémur de sainte Machin Truc(j’ai oublié son nom). Un polar délirant qui m’avait fait hurler de rire(et ensuite me goinfrer des aventures de Dortmunder !). Après cette lecture, j’ai réalisé que la veine comique, dans le polar « pour » adolescents n’existait pas. On ne plaisante pas avec les meurtres dans les livres de jeunesse, ou plutôt on ne délire pas avec la mort, car la plaisanterie mon dieu à la rigueur pourquoi pas si elle reste bien élevée ! La « vision » du polar, en jeunesse, est très cadenassée. Or, cette veine comique que j’aime beaucoup (il n’y a pas que Westlake, du côté du polar adulte…Qui ne connaît pas Fantasia chez les ploucs, de Charles Williams, pour remonter à la Série Noire en 1957 !), je l’avais déjà explorée avec Des crimes comme ci comme chats publié par Rageot en 1992. J’avais ensuite poussé le bouchon un peu plus loin en 1996, avec Pas de pourliche pour miss Blandiche, paru chez Gallimard. Cette fois, je voulais aller jusqu’au délire « à la Westlake », un polar « déconnant », mais pas seulement. On meurt beaucoup dans Adieu mes jolies et pour des raisons qui ne font pas toujours rire. On y retrouve aussi mes fantômes d’auteur. L’amour passion. Les masques derrière lesquels mes héros s’abritent. Qui est qui ? Nous sommes qui ? Les apparences qui remplacent le réel. L’absurdité d’un monde, qui ici se déglingue jusqu’à l’overdose.
J’espère que le lecteur s’amusera autant que moi je me suis amusé en écrivant Adieu mes jolies, titre « emprunté » à Raymond Chandler.


Un été 58 (Thierry Magnier)

«Un été 58» est un de mes plus précieux romans. Il fait partie de ces quelques livres, quand je me retourne sur mon passé d’écriture, qui me rendent fier et heureux de mon travail. Je sais que ce genre d’appréciation peut être taxée d’immodestie, mais j’assume avec tranquillité et bonheur cette immodestie là.
Mon enfance -extraordinaire enfance, si riche d’événements que l’écriture exhume peu à peu, comme l’archéologie remet en lumière les pierres d’une cité disparue- ressurgit dans la plupart de mes romans parus dans des collections pour adolescents. C’est une banalité d’écrivain de noter qu’il puise dans sa propre vie avant de puiser dans celle des autres, afin d’alimenter en partie ce que le lecteur baptise inspiration. Cette enfance et cette adolescence sont pour moi des sources inépuisables. Mais la fiction triture et transforme ce que livre la mémoire. Progrssivement, au fils des romans, je me suis aperçu que je m’approchais de plus en plus près de « la réalité ». Le flou de la frontière fiction-autobiographie a commencé avec « Retour à Ithaque ». Puis est venu « Un été 58 » : le désir de moins triturer les événements, de moins habiller l’enfance vécue des oripeaux de l’enfance imaginée. Ce roman raconte donc, de façon très littéraire, des épisodes de cette période. Les lecteurs qui me lisent de A jusqu’à Z en retrouveront certains dans « Retour à Ithaque » et évidemment dans « Tu seras la risée du monde » et « Mais qu’est-ce qu’on va bien faire de toi » où là, la fiction s’efface quasi totalement . Il est intéressant de lire les « versions » données par l’auteur d’un même « événement ». Par exemple la scène du bal que le lecteur retrouve dans trois titres. Et que l’éditeur Thierry Magnier place en illustration de couverture de « Un été 58 », saisissant ainsi parfaitement combien cette scène de bal est une clé, non seulement du récit, mais de mon enfance (là encore, de fidèles lecteurs repéreront le bal, la danse -surtout le tango- l’accordéon, le saxo…toutes ces choses qui apparaissent de façon constante dans mes romans pour adolescents ou dans mes policiers pour adultes. Dans mon dernier policier adulte, « Le silence des morts », paru chez Rivages, l’enquêteur s’appelle Slo et il passe une partie de son temps dans une « boîte » à tangos.)
Si je n’avais pas écrit « Un été 58 », je n’aurais pas écrit « Tu seras la risée du monde » et « Mais qu’est-ce qu’on va bien faire de toi ». Et….bizarre, bizarre…ce roman, si littérairement encore masqué d’épisodes purement fictionnels, est certainement plus proche de mon enfance que les deux autres titres pourtant totalement autobiographiques. L’écriture approche au plus près et de façon très intime du garçon, fils d’instituteurs, qui écossait les petits pois assis sur l’escalier de l’école. C’est pourquoi j’ai dédié ce roman à l’enfance de mes petites filles, Emma et Léonie. Et je suis très heureux que « Un été 58 » ait obtenu le prix Ibby, représentant ainsi la France sur le plan international, dans le domaine de la littérature de jeunesse (et donc, me permettant d’être nominé pour le prix Andersen…que je n’ai évidemment pas obtenu !!!!)


La vie comme Elva
(Thierry Magnier)

Le chômage, la pauvreté, les difficultés sociales sont des thèmes récurrents chez moi. Un de mes tous premiers livres, « Tu vaux mieux que mon frère » abordait déjà ça. Tout au long de mes romans, pour adolescents ou adultes, on retrouve cette angoisse de la pauvreté, de la misère, de l’emploi que l’on perd. Je n’ai pas oublié mes lectures de jeunesse, qui m’ont si fortement marqué : Dickens, Malot, Steinbeck, Zola, Twain et tant d’autres. Je lis beaucoup la presse (2 quotidiens chaque jour), écoute beaucoup les informations : cette société qui se craquèle et oublie au bord de la route tant de personnes me rend malheureux. Et quel silence littéraire autour de ces drames (en littérature adulte comme en jeunesse) : ne pas en parler, surtout à des adolescents. Ils ont bien le temps de voir ! David, le héros de « Si tu savais Tobby », crie à sa manière qu’il n’en peut plus de ce silence, comme si perdre sont travail était une honte. La double peine du chômeur : il perd son boulot et on le regarde de travers. Il se tait. Et on le « tait », on l’oublie, une fois qu’il est sorti du cadre des infos de la journée. J’en étais là, de mon envie de raconter cette lèpre sociale, avec « Si tu savais Tobby », quand je rencontre une classe de 3è dans un tout petit collège de l’Ardèche. A la fin de l’entretien, une fille vient vers moi et, très violente, me dit « vous les écrivains, ce que vous racontez ne m’intéresse pas. Toujours des histoires d’amour, du fantastique, des trucs censés nous intéresser parce qu’on a 14 ans, qu’on est fille ou garçon, vous décidez ça tout seul, mais vous ne parlez jamais du chômage, on a des parents, les miens ont perdu leur travail, vous croyez que ça ne m’intéresse pas une histoire qui raconterait ça ? Je suis dedans, pas sur la lune » Elle était très agressive. En repartant, au long des 500 km de voiture qui m’attendaient, j’ai repensé aux propos de cette fille. Bien sûr, elle avait raison. Le licenciement, la grève, le combat social, le chômage, bref ce qui fait hélas la vie de nombreux citoyens, tout ça apparaissait peu dans le roman pour adolescents, ou alors en toile de fond, comme alibi à une histoire d’amour ou autre chose, mais jamais comme le thème essentiel d’un roman. Je savais bien pourquoi. Trop risqué. J’en revenais aux clameurs de ceux qui disent : pas pour des ados, ils ont le temps de voir et de toute manière, ça ne les intéresse pas. Pourtant, certains travaillent à partir de 16 ans…et bientôt, avec la nouvelle loi sur l’apprentissage, à partir de 14 ans. J’ai donc écrit « La vie comme Elva ». Une fiction. Trois mois après sa parution en librairie, l’usine de plastique de la petite ville près de laquelle j’habite, licenciait son personnel et fermait.

Là où dort le chien (Gallimard/Scripto)

Ma fille, après avoir lu le livre, me dit aussitôt «papa, l’histoire se passe dans la maison de….. Je l’ai reconnue dès les premières lignes» Le livre est né d’abord de cette maison, appelée Mississipi dans le roman. Chaque semaine, je passe plusieurs fois près de cette immense propriété, entourée de hauts murs, avec sa piscine, son lac, ses bâtiments dispersés, son parc boisé…Elle est abandonnée. Les propriétaires sont partis. Du silence tout autour. La forêt proche. J’appuie sur les pédales de mon vélo, mais ma tête imagine des récits qui redonnent vie à la maison. Mais avant, il y avait eu cette chose curieuse, qui m’est arrivée à plusieurs reprises au cours de ces 25 ans d’écriture. Un titre surgit à l’esprit et ne vous quitte plus, allez savoir pourquoi (ça a été le cas pour « Souviens-toi de Titus » par exemple). Je suis en voiture quelque part dans les environs d’Angers, quand mes yeux captent, en traversant une petite ville, l’enseigne d’une boutique : ici dort le chat. Aussitôt, s’écrit dans ma tête la phrase là où dort le chien et je sais qu’un jour, j’écrirai une histoire qui portera ce titre. J’ignore complètement ce que j’écrirai, mais je suis certain qu’un de mes romans s’appellera ainsi. Après…après vient cette attirance pour la maison devant laquelle pourtant, je passe depuis des années. Cette maison sera celle de Là où dort le chien. Celle d’une autre vie.

Si tu savais Tobby
  (Nathan Poche)

Le chômage et le silence qui l’entoure, comme s’il s’agissait d’une chose honteuse. Le manque d’argent. Je ne fais là que reprendre un thème plus ou moins récurrent dans mes romans. Je vis en 2006 : comment l’écrivain que je suis pourrait-il fermer ses yeux et se boucher les oreilles ? Mes émotions de citoyen alimentent aussi mon imagination de romancier. Le « déclic » ici est une conversation entendue dans un bureau d’un collège. J’étais là, attendant mon tour de parler à la secrétaire et je surprends une conversation, par la porte entrouverte. Une maman explique à la secrétaire d’intendance que son fils doit acheter un livre demandé par le professeur de français. Cinquante francs (nous sommes avant l’euro). Son mari est au chômage. Elle vient de perdre son travail. Elle propose, d’une voix de coupable, de payer le livre en trois fois. J’ai eu le cœur au bord des lèvres. Je venais juste d’avoir entre les mains un imprimé proposant aux classes de 4è un séjour au ski, pour la somme de 1300 francs. David, le héros de « Si tu savais Tobby » est né dans ce bureau.

  La chanson de Hannah (Nathan Poche)

J’ai raconté dans le journal Libération ma visite du camp du Struthof quand j’avais dix ans. A la fin du livre, l’éditeur a repris une partie de cet article. Lorsque j’ai commencé à écrire des romans, j’ai su avec certitude que j’écrirais deux livres. L’un se déroulerait pendant la guerre d’Algérie…en fait, il y en a eu deux (Un été algérien et Le ville de Marseille). L’autre raconterait l’histoire d’un garçon juif de 10 ans. En écrivant « La chanson de Hannah », je racontais à ma façon, à d’autres enfants, ce que le déporté du Struthof m’avait raconté. J’étais un maillon de la mémoire et j’espère que certains lecteurs de ce roman le deviendront à leur tour.

















































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