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"Tu peux pas rester là"




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«Je m'appelle Mei. Je suis chinetoque, la sœur de Momo, la fille de madame Rosa, la copine de Tom et plus tard je serai Présidente de la République française... » Mei est née en Chine. Elle vit depuis six ans à Sponge avec Hua, sa mère, qui s'échine au noir pour un tout petit salaire dans un atelier de confection. Aucune des deux n'a de papiers français. Or les gendarmes de Sponge ont reçu des ordres : il faut faire du chiffre et donc expulser les sans-papiers de la ville. Tom, Léo, la directrice de l'école, le clochard du square, et pleins d'autres encore, vont se mobiliser pour que Mei et Hua restent à Sponge où elles ne mettent pas en danger l'ordre social ni l'économie du pays.
Un roman d'actualité, un cri d'alarme et de colère.

Éditions Thierry Magnier - août 2008
www.editions-thierry-magnier.com

Sélection du Prix Trégor Ados 2009
Sélection du Conseil Général de Gironde pour le Prix des collégiens lecteurs de Gironde
Sélection du Prix des Incorruptibles 2009-2010 (catégorie 5e-4e)

Quelques critiques...

disponible en version numérique    numilog    archambault


Pas de grande théorie. Ni miè vrerie ni pleurnicheries. Rien qu'une histoire, souvent rigo lote, écrite dans une collection jeunesse, mais que chaque adulte devrait lire [...] Nozière a réussi son coup.

Le Canard enchaîné


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On connaît Jean-Paul Nozière pour son humanisme et le souci qu’il a de l’enfance malmenée par l’Histoire. On connaît aussi, son style tout à la fois direct, mordant et chaleureux. Lire la suite la critique sur parolimage.centerblog.net

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Mei et sa maman Hua sont chinoises. Elles vivent dans une petite ville de France depuis six ans. Hua travaille dans un atelier de confection pour embourser le prix de leur voyage de Chine en France, voyage clandestin faut-il le préciser. Mei est la meilleure élève de sa classe. Avec Tom et Léo, elle forme un trio inséparable. Mais voilà, le président français a décidé qu’un certain pourcentage d’étrangers en situation illégale devait être renvoyés dans leur pays. Ces consignes sont appliquées à tous les niveaux et afin de rester dans les statistiques, les gendarmes ont décidé d’expulser les Chinois de leur ville. C’est une catastrophe pour Mei et Hua qui deviennent des OQFT (Obligation de Quitter le territoire Français). Mais c'est sans compter sur la mobilisation de la population. Les habitants de l’immeuble où habitent Mei et Hua, les instituteurs de l’école, les copains de Mei, tout le monde résiste et les gendarmes sont mis devant le fait accompli - ils ne sauront pas renvoyer Mei et Hua. Un roman à l'actualité plus que brûlante. Chaque jour, nous entendons ce genre d'informations aux nouvelles. -Souvent, nous oublions les drames humains qui se cachent derrière ces rapatriements. L'auteur prend évidemment parti, mais son argumentation est juste, sensée et ferme. Un roman qui ouvre le débat. À partir de 12 ans.

Libbylit N°83 (décembre 2008)

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Mei, 10 ans, et sa mère vivent en France depuis 6 ans. La Chine, c’est pour l’une et l’autre un pan de leur histoire qu’elles ont relégué dans le passé. Mais la France en a décidé autrement et légifère pour expulser massivement les "sans-papiers". Que la loi soit appliquée, qu’on fasse du chiffre, qu’importent les drames personnels ! Mei est une petite fille au caractère affirmé ; aidée de ses amis et des gens de son quartier, elle organise la résistance. On peut faire confiance à Jean-Paul Nozière pour éviter tout happy end facile. Il veut éveiller les consciences et oppose à la politique une solidarité essentielle.

Lire la suite sur le site croqulivre.asso.fr (décembre 2008)

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Mei, petite chinoise de dix ans, vit avec sa mère, Hua, dans une petite ville, Sponge. Arrivées clandestinement six ans auparavant, elles n'ont pas de papiers et Hua doit travailler dur pour rembourser son "cousin" qui l'a fait venir en France.
Mei, petite fille radieuse et bien intégrée, a deux amis, fidèles et... amoureux : Tom et Léo, qui sont ses "moustiquaires". Mais le gouvernement français durcit sa position et bientôt Hua et Mei deviennent "OQTF" (Obligation de Quitter le Territoire Français). Hua se terre chez elle mais Mei est décidée à ne pas se laisser faire. Avec ses deux copains, et la complicité du père de Tom, gendarme qui refuse d'obéir à sa hiérarchie, avec Victor, un SDF un peu "dingue", ancien libraire, Mei va organiser une riposte "festive"...

Sur un sujet grave et d'actualité malheureusement, l'expulsion d'étrangers en "situation irrégulière", Jean-Paul Nozière nous offre un roman bienvenu et salutaire, qui devrait, qui doit faire réfléchir. Il montre bien, à travers la prise de conscience d'autres personnages (comme, par exemple, le père raciste de Léo), l'absurdité qu'il y a à vouloir faire partir Hua et Mei. Hua travaille, paie un loyer. Mei est une excellente élève. De quel mal sont-elles porteuses ? Quel danger font-elles courir à la France ? La démonstration de solidarité que le roman nous montre est une réponse exemplaire. Rien que pour cela, le roman est magnifique et réussi. Mais il faut ajouter le portrait de Mei, héroïne malgré elle, remarquable. A la fois enfant et adulte, tant dans ses réflexions que dans son comportement, Mei impressionne par sa maturité et sa volonté, sans pour autant perdre sa spontanéité ou son espièglerie. A lire et à faire lire d'urgence.

Nicole Delouche (décembre 2008)

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« OQTF ». Ces quatre lettres sont écrites au feutre bleu sur un bandana que Mei, 10 ans, a serré autour de sa tête. Sous les yeux éberlués de ses copains, Tom et Léo, tous deux amoureux d'elle. « OQTF ». Obligation de Quitter le Territoire Français. Sa mère et elle, arrivées en Fran ce illégalement six ans auparavant, ont un mois pour faire appel...
Jean-Paul Nozière raconte l'histoire de Mei et les vagues qu'elle suscite dans la petite ville où elle habite avec une belle simplicité. Pas de grands mots ni de leçon d'aucune sorte. Juste la volonté, portée par une langue claire et énergique, de regarder la réalité en face, dans sa complexité, de susciter la réflexion. « Il faut être fou, aveugle ou lâche pour se résigner à la peste », écrivait Albert Camus, cité par un des personnages de ce salutaire roman.

Télérama n° 3071, Michel Abescat (22 novembre 2008)

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Mei a 10 ans. Quand elle sera grande, elle sera présidente de la République, elle se mariera avec Tom et plus tard avec Léo, ou bien le contraire, parce-que entre les deux, elle ne peut pas choisir. Ces trois-là sont inséparables depuis l'école maternelle mais cela pourrait bien changer... Iviei est chi¬noise et vit seule avec sa mère. Toutes les deux sont arrivées clandestinement de Chine sept ans plus tôt et n'ont pas de papiers français. Hua, la mère de Mei, trime dans un atelier de confection pour un salaire de misère sur lequel tous les mois elle rembourse le prix du voyage que son patron a déboursé pour les faire venir, elle et sa fille. Mais les gen¬darmes ont reçu des ordres, il faut faire du chiffre : Mei et Hua sont menacées d'expul¬sion. L'heure de la résistance et de la désobéissance a sonné et la solidarité s'organise. Un roman brûlant d'actualité, effi¬cace, qui amène à réfléchir.

Isabelle Réty, Librairie Gwalarn, Lannion Page des libraires (septembre 2008)

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« Bonjour je suis une Chi­netoque, OQTF: Obligée de quit­ter le territoire . Ainsi se pré­sente l'impertinente Mei, 10 ans, enfant de Hua, sans-papiers. Pour elle et ses semblables, Jean-Paul Nozière a écrit une histoire d'enfants, celle de Mei, Tom et Léo, inséparables co­pains. Elle chinoise, eux fran­çais. Mei qui, pour rester en France, veut se planquer dans «le troua Juifs » de Momo et madame Rosa, les héros d' Emile Ajar. Mei, qui plus tard veut être présidente de la République française» ; Léo et Tom, qui pour garder Mei près d'eux sont prêts à tout, avec Vie, le vieux clodo du square. En face, des gen­darmes bien embêtés, mais bien obligés... Il faut atteindre les quotas d'expulsions.
Pas de grande théorie. Ni miè­vrerie ni pleurnicheries. Rien qu'une histoire, souvent rigo­lote, écrite dans une collection jeunesse, mais que chaque adulte devrait lire. Car il dé­crypte la politique du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale et la réalité de mil­liers de parents et d'enfants, qui, dans toutes les écoles de France, découvrent qu'on va leur enle­ver Moussa, Mohamed ou Li. Nozière a réussi son coup. La preuve, même le papa de Léo va finir par se rallier à la cause...

La Voie aux Chapitres, Le Canard Enchaîné Dominique Simonnot (24 septembre 2008)

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« Mei, dix ans, vit avec sa mère Hua à Sponge. Chinoises, elles sont venues clandestinement en France et n’ont pas de papiers. Hua travaille dans un atelier de confection pour rembourser sa dette à ceux qui les ont fait venir. Un durcissement de la position des autorités françaises va mettre Mei et Hua en danger : elles deviennent « OQTF », « Obligation de Quitter le Territoire Français ». Si Hua réagit de manière apeurée, Mei, aidée de Tom, Léo et du SDF Victor, est décidée à ne pas se laisser faire.
Après Nous sommes tous tellement désolés dans la même collection, qui traitait du commerce de la prostitution, Jean-Paul Nozière a choisi un autre sujet grave et actuel, les expulsions de clandestins. Hua et Mei, les « chinetoques », sont particulièrement discrètes et bien intégrées. La jolie petite fille est excellente élève, reine d’une cour de deux garçons. Hua travaille, paie un loyer. Dans ce contexte, l’adjudant chargé de l’affaire et le père raciste de Léo conviennent eux-mêmes qu’il n’y a aucun sens à les faire partir. Le thème de la solidarité domine alors le roman, dans quelques beaux personnages secondaires : le père de Tom, gendarme qui refuse d’obéir à sa hiérarchie, Victor le dingue, ancien libraire aux lectures éclairantes, la directrice de l’école, les voisins de palier… Les deux amoureux de Mei (ses « moustiquaires » selon Victor) sont touchants dans leur sincérité naïve et leur rivalité pour plaire à la petite fille. Mei est elle une héroïne complexe, à la fois enfant et adulte, qui impressionne par sa détermination et, il faut bien le dire, son sens de la manipulation. Ses actions sont sous-tendues par des réflexions profondes, elle demande par exemple à sa mère de se taire « sur la Chine, […] sur [s]on père, […] sur [sa] famille. […] sur tout. », parce qu’ « Avant, c’était avant ». (p. 44). Plus mûre que son âge, elle comprend fort bien la gravité de la situation, et, encore enfantine, désespère de ne plus aller à la piscine, à l’école avec ses amis, ni plus tard de pouvoir se marier avec eux. C’est donc elle, avec Victor, qui prendra en main une riposte festive, appliquant avec succès l’adage du plus fort ensemble. L’auteur, qui a choisi la voie neutre du narrateur externe, responsabilise son lecteur jusqu’à la dernière page, lui proposant d’imaginer sa propre fin… Un roman salutaire.»

Ricochet, Sophie Pilaire (septembre 2008)

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«Jean-Paul Nozière découpe parfois des faits divers dans les journaux. Il fait aussi des livres sur le terreau le plus friable qui soit, la somme des lâchetés et des silences. A Sponge, la ville qu’il a imaginée, on croise au fil de ses textes des enfants, des adolescents qui n’aspirent qu’à comprendre le monde dans lequel ils vivent. Leur combat, c’est peut-être avant tout celui-là. Comprendre, creuser dans les silences des adultes ou du monde autour, avant même de se battre ou d’abdiquer.
Je m’appelle Mei. Je suis chinetoque, la sœur de Momo, la fille de madame Rosa, la copine de Tom et plus tard je serai Présidente de la République Française ».
Tu peux pas rester là se déroule donc à Sponge, aujourd’hui. Meï a dix ans, elle est née en Chine. Elle vit ici depuis six ans, avec Hua, sa mère, qui rembourse encore, en travaillant jour et nuit dans un atelier de confection, le voyage de la Chine jusque là. Le récit débute dix jours avant la rentrée en CM2. Meï aimerait être dans la même classe que Tom et Léo qui ne la quittent plus depuis la maternelle et qu’elle épousera tous les deux. Mais Meï et sa mère vont découvrir ce que veulent dire les lettres O.Q.T.F mises bout à bout – Obligation de Quitter le Territoire Français.
Pour qui garde en mémoire Nous sommes tous tellement désolés, l’entrée dans le dernier texte de Jean-Paul Nozière se fait plus « légèrement ». Tu peux pas rester là est tout entier porté par le rire, le courage et l’insouciance de cette petite Mei. Et puis le texte bascule, et au milieu de récit, il y a cette scène terrible entre Antoine et Maxime, deux gendarmes qui mènent l’opération d’expulsion. Deux hommes, collègues, amis, pères, qui vont s’affronter. La désobéissance de l’un deux vient alors s’ajouter au courage de Mei.
C’est un livre. « Une fiction », prévient l’auteur en préambule. La fin est trop belle ? Alors «Imaginez la fin que vous souhaitez. Il y a une fin que vous refuserez d’évoquer, parce que vous la détestez ». Jean-Paul Nozière a voulu ce « cri d’alarme et de colère ». Aux lecteurs de s’en emparer.
«Une vie, ça consiste à se dire, quand on arrive comme moi dans sa dernière partie, qu’on laisse derrière moi un monde meilleur, puis à se poser la question de ce que soi, on a fait pour rendre ce monde meilleur, quelle pierre on a apportée pour y arriver. Et je me dis que le temps d’écriture qui me reste, je n’ai plus envie de le passer à abdiquer.»

C’était les mots qui refermaient l’entretien de Jean-Paul Nozière avec Jean-Baptiste Coursaud, en 2005. En lisant Tu peux pas rester là, il est évident que Meï a quelque chose d’Aïcha, dans Maboul à Zéro (Gallimard, 2003). Au lendemain des élections présidentielles de 2002, Jean-Paul Nozière avait déposé dans les mains d’Aïcha le trésor que peut être la « conscience politique », et à travers le combat de cette adolescente, il avait donné l’un de ses plus beaux textes, de ceux qui placent l’espoir, l’énergie et l’enfance au devant de tous les renoncements. Avec Tu peux pas rester là, Jean-Paul Nozière continue d’apporter sa pierre. Et il le fait avec un texte qui dit l’espoir et le combat. Qui les chante, les danse presque. Il y a des livres nécessaires, et beaucoup de ceux qu’écrit Nozière le sont, peut-être juste parce qu’ils disent souvent les choses que l’on préfère taire, et que face aux peurs, aux hontes et aux obscurités, il est des voix d’enfants qui s’élèvent pour « affronter la vérité de l’histoire ».

Sitarmag, Madeline Roth (septembre 2008)

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Madeline Roth, libraire spécialisée jeunesse à L'Eau Vive, à Avignon. Grignote un peu partout depuis longtemps les livres pour tout le monde qui tiennent debout et essaie aussi d'écrire des romans à elle, un peu.
http://septieme.hautetfort.com

«Quand elle sera grande, Mei deviendra présidente de la République et elle se mariera avec ses deux meilleurs amis, mais pas en même temps car c'est interdit. Malheureusement, une loi va briser les rêves de cette petite fille en la nommant OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français), ainsi que sa mère et tous les autres chinois qui ne détiennent pas les papiers nécessaires pour vivre en France.
Mei n'avait que 4 ans quand elle a quitté la Chine avec sa mère. Sans souvient-elle ? D'après elle non, elle était trop petite. Pourtant, c'est avec colère qu'elle clôt une conversation lorsque celle-ci a pour thème sa vie avant la France. La petite fille a grandi trop vite et, avec intelligence, elle utilisera son OQTF comme une arme. Tout ce qu'elle désire c'est de continuer à aller en classe, de jouer avec ses copains et de discuter avec le clochard qui vit dans le square en bas de chez elle.
On retrouve toutes sortes d'individus dans ce roman : ceux qui sont pour la loi des sans papiers, ceux qui n'en ont rien à faire, ceux qui ne sont pas d'accord que lorsqu'elle concerne les personnes qu'ils aiment et ceux qui se révoltent.
Tout cela forme une ambiance étrange, partagée entre le rire des enfants et les disputes d'adultes. Jean Paul Nozière nous livre son «coup de gueule» en précisant dès le début que son histoire est une fiction, mais que certains faits pourraient être recoupés à notre situation actuelle. Est-ce une histoire entière ? Non, car il nous propose de la finir à notre guise après nous en avoir donné les bases.
Un roman pour les jeunes, d'humour et de tendresse, qui pourrait aussi toucher tous les adultes.»

Le choix des libraires : Choix de Marilyn Anquetil de la librairie L'OEIL ECOUTE à PARIS (29 août 2008)

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